L'Erika n'a cessé de fuir depuis fin
décembre
- L'épave du pétrolier Erika « n'a cessé de fuir régulièrement depuis fin
décembre à raison de quelques dizaines de litres » de fioul échappés chaque
jour, a affirmé hier une source proche du dispositif de surveillance de l'épave, qui a
requis l'anonymat.
« Ces fuites n'ont rien à voir avec la marée noire du naufrage mais
l'épave est instable et il ne faudrait pas attendre trop longtemps pour le pompage sinon
on s'achemine vers une nouvelle catastrophe », a estimé cette personne, confirmant
des rumeurs récurrentes, notamment parmi les marins-pêcheurs.
«Une à deux fuites chaque semaine»
- L'Abeille Supporter, un remorqueur réquisitionné par la Marine dès le début de
la marée noire, « est intervenue toutes les semaines pour colmater de nouveaux
suintements, c'est à dire de légères fuites qu'on peut estimer à quelques dizaines de
litres pas plus par jour mais continues », a-t-elle déclaré. « Après
le colmatage des fuites principales, il y a eu en moyenne une à deux fuites chaque
semaine qui ont été aussitôt colmatées », a-t-elle ajouté. Mardi, la
préfecture maritime à Brest a reconnu que des « suintements infimes provoquant des
irisations qui s'évaporent rapidement » étaient régulièrement décelés et
« immédiatement colmatés » par les robots de l'Abeille supporter mais
qu'aucune nappe n'avait été repérée. L'Abeille Supporter est le seul remorqueur
équipé de robots sur zone capable de colmater ces suintements sur l'épave, dont les
deux morceaux reposent par 120 m de fond à quelque 70 km au sud de la pointe de
Penmarc'h (Finistère). Les pré-opérations de pompage de l'épave, c'est-à-dire
la mobilisation des premiers bateaux et plongeurs doit débuter le 5 juin.
La colère des paludiers
Par ailleurs la préfecture de Loire-Atlantique a autorisé hier
les prélèvements d'eau de mer pour les marais salants du département, « sous
réserve de la mise en place de dispositifs de filtration ». Mais les modalités de
mise en place et de contrôle de ces dispositifs de filtration ont suscité l'indignation
de nombreux paludiers qui les jugent inapplicables. Une cinquantaine d'entre eux ont
manifesté hier devant la sous-préfecture de Saint-Nazaire. La Coopérative des
producteurs de sel de Guérande a dénoncé un arrêté préfectoral qui constitue
« une démission supplémentaire de l'Etat dans la lutte contre les conséquences de
la marée noire ». La Coopérative, qui rassemble 192 paludiers de la région de
Guérande, avait décidé le 18 avril de renoncer à sa saison pour respecter un principe
de « précaution à la fois sanitaire et environnemental ».
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